Paris, le 26 mai 2026 – L’association « Une Fonction Publique pour la Transition Écologique » [FPTE] publie les résultats de son enquête annuelle.
Pour télécharger les résultats complets.
L’enquête montre une progression de la formation et de la prise de conscience des enjeux écologiques dans les administrations. Mais elle met aussi en évidence un écart persistant entre les intentions affichées et la mise en œuvre concrète : manque de temps, arbitrages contradictoires, règles inadaptées, moyens insuffisants et instabilité des priorités freinent encore fortement l’action des agents.
Sans prétendre à la représentativité statistique de l’ensemble de la fonction publique, cette enquête permet de suivre, sur quatre ans, les perceptions et attentes d’agents publics particulièrement concernés par la transition écologique.
1/ Une prise de conscience qui progresse, mais une action encore jugée insuffisante
Selon les répondants, la prise de conscience des administrations progresse : elle dépasse 50 % en 2025, contre 44,6 % sur la période 2022-2024. Mais cette progression ne se traduit pas encore suffisamment dans l’action : plus de 72 % des répondants jugent les actions entreprises insuffisantes ou non satisfaisantes.
Le regard porté sur l’évolution de l’action administrative se dégrade également. En 2025, seuls 36 % des répondants considèrent que l’action de leur administration s’est améliorée, contre 46 % en moyenne sur la période 2022-2024. Ce recul est principalement porté par les perceptions des catégories A.
2/ Une formation en hausse, mais des écarts persistants
La formation des agents progresse depuis 2022. En 2025, 87 % des répondants de catégories A/A+ déclarent avoir suivi une formation, contre 67 % des catégories B/C. L’écart entre catégories demeure toutefois important.
La formation continue connaît également une progression de 6 points par rapport à 2024, tandis que la part des répondants ayant suivi une formation uniquement en dehors du travail tend à diminuer. Ces résultats suggèrent une intégration progressive de la transition écologique dans les parcours professionnels, même si cette dynamique reste inégale.
3/ Des freins d’abord organisationnels et politiques
Les freins identifiés sont moins liés à une opposition de principe à la transition écologique qu’à des conditions d’action insuffisantes : manque de temps, moyens humains et financiers limités, règles d’achat inadaptées, contradictions entre priorités publiques, défaut d’arbitrage ou instabilité des orientations.
En 2025, le manque d’impulsion politique ou hiérarchique devient la première cause citée pour expliquer l’insuffisance de l’action administrative. Le contexte d’instabilité politique nationale et la proximité des élections municipales peuvent contribuer à renforcer ce sentiment de ralentissement, en particulier lorsque les arbitrages sont différés, modifiés ou rendus moins lisibles.
Les commentaires libres expriment ainsi moins une demande de nouvelles annonces qu’une demande de cohérence, de stabilité et de moyens d’agir. Comme l’écrit un cadre territorial :
« Ce qu’il faudrait : plus de moyens, des priorités claires, une planification, éviter les retours en arrière… nous perdons beaucoup de temps et d’argent à cause d’incertitudes politiques et budgétaires. La transition écologique doit être vue comme un investissement pour le présent et pour l’avenir, qui va produire de multiples économies et externalités positives ! »
4/ Des leviers connus, mais encore insuffisamment intégrés aux règles ordinaires de l’action publique
Les initiatives réussies reposent sur des leviers désormais bien identifiés : formation, règles claires, mobilisation collective, portage hiérarchique, moyens dédiés et résultats visibles. Plusieurs exemples cités dans l’enquête montrent l’intérêt d’outils comme les achats responsables, les budgets verts, la sobriété énergétique, les énergies renouvelables ou l’autoconsommation collective.
Mais ces réussites restent souvent circonscrites. Elles peinent à se transformer en changements structurels lorsque les règles de fonctionnement, les arbitrages budgétaires, les priorités politiques ou l’organisation du travail ne sont pas alignés avec les objectifs écologiques.
Pour FPTE, l’enjeu n’est donc plus seulement de savoir quoi faire, mais de créer les conditions permettant aux agents de le faire réellement : règles adaptées, arbitrages clairs, temps reconnu, moyens humains et financiers, pilotage cohérent et stabilité des orientations.
Site web : https://fpte.fr / Contact Presse : fpte@protonmail.com
Une Fonction publique pour la transition écologique [FPTE] : une association non-partisane qui donne la parole à tous les agents publics.
Créée en 2021, l’association Une FPTE regroupe des agents et membres d’établissements publics cherchant à intégrer les dimensions écologiques, sociales et environnementales dans les décisions et projets publics.
Avec une page LinkedIn rassemblant plus de 17 500 abonnés, l’association a connu un succès significatif depuis 2024 avec l’actualisation et le renforcement de son kit d’autoformation, la publication de plusieurs tribunes, la rédaction en collaboration avec le Lierre d’un guide « Les directions des ressources humaines au service de la transition écologique », ainsi que la ré-édition de l’enquête annuelle menée depuis 2022 sur la transition écologique dans l’administration.
